G2 – Première visite

N’ayant pas matière à parler de mon travail, le sujet d’intérêt qui me vient maintenant est le suivant : comment se déroule mon suivi de grossesse aux Pays-Bas ? Quelles différences avec la France, où j’ai été suivie pour ma première grossesse ? Il faut savoir que toutes les différences ne sont pas dues qu’au changement de système. J’ai énormément lu, et me suis informée, et donc suis bien plus à même de choisir ce que je désire pour cette seconde grossesse. Je l’aurais été en France aussi, bien que les choix y soient plus restreints. Par conséquent la comparaison ne sera pas systématique.

Comme mon précédent billet en donne la couleur, la découverte de ma grossesse ne s’est pas faite de façon classique, et donc le début de mon suivi non plus.

Armée de mon test de grossesse positif (de façon imagée – j’avais laissé ma pisseuse languette à la maison), je prends rendez-vous chez mon un médecin de famille. Papa Ours me trouve un rendez-vous dans un centre (une maison médicale, en gros) où est signalée sur un site d’expatriés la présence d’un médecin francophone.

Je suis allée deux fois à ce centre, et jamais on n’est tombés sur ce médecin-là. Tant pis, on apprend au préalable les termes dont on sait avoir besoin – period, IUD, otitis (l’autre visite était pour ma fille) – et sinon on paraphrase… The little copper T in the uterus, ça marche, si si ! Les gens parlent bien l’anglais ici. Ça en devient même dur de se motiver à apprendre le néerlandais (surtout qu’à Maastricht, les habitants parlent une espèce de dialecte mâtiné d’allemand et de quelques mots de français. Par exemple, « merci » se dit… « merci ». Fin de la digression). Il est assez simple d’avoir un rendez-vous rapide quand on est déjà patient du cabinet. Mais même dans le cas inverse (le nôtre), on n’attend pas beaucoup (il faut dire que les deux fois le motif était clair, et ne pouvait guère attendre).

Aucun dosage de bêta-HCG ne m’est demandé (et en global, on verra que beaucoup d’examens demandés en France sont facultatifs aux Pays-Bas), en revanche la lettre du médecin reste le précieux sésame pour avoir un rendez-vous à l’hôpital.

En fait, je n’ai jamais demandé à avoir un rendez-vous à l’hôpital. À la base, en même temps que le rendez-vous de médecin de famille, j’avais même pris rendez-vous dans un cabinet de sages-femmes. Sauf que le docteur n’était pas d’accord, pour une grossesse sur DIU. Elle a même appelé directement pour m’avoir un rendez-vous. Dater la grossesse, et vérifier qu’elle était intra-utérine, s’avérait urgent.

Ce médecin de famille m’a fait l’unique toucher vaginal auquel j’ai eu droit jusque là, afin de chercher les fils du DIU (qu’elle n’a pas trouvés). Elle s’est montrée prévenante, patiente devant mon anglais hésitant, et sans a priori sur mon choix de poursuivre ou non cette grossesse.

Malheureusement, ce ne sera pas MON médecin de famille, car le centre nous a rappelés plus tard pour nous signaler que, n’habitant pas dans leur secteur, nous ne pouvions remplir de déclaration de médecin traitant chez eux (ou, plus exactement, qu’ils ne pouvaient pas accepter le dossier que nous avions rempli). Aux Pays-Bas, c’est comme ça que ça fonctionne. Moyennant quoi, quelques mois après, je n’ai toujours pas de médecin traitant sur place (alors qu’il y en a un à deux minutes à pied de chez moi… mais la phobie administrative, c’est à la mode. D’ailleurs, je n’avais pas de Carte Européenne d’Assurance Maladie non plus).

J’ai donc rendez-vous moins d’une semaine plus tard à l’Academisch Ziekenhuis de Maastricht… Affaire à suivre.